Au nord de Garéoult, au bout d'une petite route, le Domaine de Garbelle cultive sa différence, faite d'authenticité et de qualité. C'est un endroit où se perpétuent le goût des bonnes choses, le savoir- faire viticole, ainsi qu'un certain art de vivre...
Aujourd'hui entre les mains de Jean-Charles Gambini, il se veut une adresse que l'on partage avec discrétion, comme entre initiés ...
Le vieux pressoir qui trône à côté de la cave a toute une histoire. D'abord propriété d'une cave coopérative, il avait été racheté par un particulier pour faire son vin. Vraisemblablement désassemblé puis remonté dans la cave de ce vieux vigneron, Jean-Charles Gambini dût lui-même le segmenter au chalumeau pour pouvoir le sortir de la bâtisse, avant de le remonter au domaine... Toute une histoire, vous dit-on !
La dégustation à l'horizontale ne veut pas dire que l'on s'allonge pour boire (sans modération) le vin ! Il s'agit d'une dégustation de plusieurs vins d'une même appellation dans un millésime identique, afin de mettre en évidence les caractéristiques du terroir, de la vinification et pour les plus avertis, de comprendre comment les différents domaines ont su tirer parti des forces du millésime ou minimiser ses faiblesses.
Outre une salle pouvant accueillir jusqu'à une centaine de personnes, le Domaine de Garbelle propose également une journée portes ouvertes pour ses clients en mai. Au programme, méchoui et dégustation des vins. En octobre, c'est la sympathique foire aux plantes méditerranéennes, au cours de laquelle une dizaine de pépiniéristes de la régions viennent présenter des essences particulièrement adaptées aux jardins provençaux.
Au nord de Garéoult, au bout d'une petite route, le Domaine de Garbelle cultive sa différence, faite d'authenticité et de qualité. C'est un endroit où se perpétuent le goût des bonnes choses, le savoir- faire viticole, ainsi qu'un certain art de vivre… Aujourd'hui entre les mains de Jean-Charles Gambini, il se veut une adresse que l'on partage avec discrétion, comme entre initiés.
Le Chemin André Malraux traverse d'abord un quartier au nord de Garéoult, avant de longer un petit bois sur sa gauche, et quelques petits champs d'oliviers à droite. Un beau mur de pierres sèches, sur lequel est fichée une plaque grise creusée du nom du domaine. Quelques mètres plus loin, la cour s'ouvre sur trois corps de bâtiments. La maison à gauche, une bastide en longueur à droite et au milieu, la cave.
Au mur de cette dernière, une vieille plaque publicitaire : "Le vin est la plus saine et... la plus hygiénique des boissons – Pasteur". Si la science le dit… Passée la porte, la fraîcheur du caveau est la bienvenue. Jean-Charles Gambini nous accueille d'une poignée de main franche. Le jeune vigneron, aux commandes du domaine familial depuis 2006, revient un instant sur l'histoire des lieux : "La bastide porte le nom du lieu-dit. Devant la maison de mes parents, située en contrebas du vieux bassin, il subsiste une partie de la calade de pierre qui servait d'aire de battage pour le blé. Comme beaucoup de fermes de la région, on pratiquait ici la polyculture. En provençal, la garbelle veut d'ailleurs dire "gerbe de blé".
Le père de Jean-Charles créera avec lui une cave en 1988, après avoir longtemps emmené le raisin de ses vignes à la coopérative de Garéoult. Aujourd'hui, le vigneron exploite une douzaine d'hectares de vignes, dans le cadre d'une conduite raisonnée de la viticulture. "La conversion biologique est en cours, précise Jean-Charles. C'est l'aboutissement d'une volonté ancienne et de la pratique concrète d'une agriculture responsable". Sur les sols argilo-calcaires des quatre ilots de parcelles répartis autour du cœur du domaine, la Garbelle consacre environ les deux tiers de sa production au rosé. "Le rosé est un vin passionnant à faire" confesse Jean-Charles. "Mais je me régale également à faire du rouge, qui bénéficie ici d'un terroir exceptionnel. Un élevage en barriques permet d'obtenir des cuvées de rouges à l'expression naturelle, car je ne les filtre pas avant la mise en bouteille".
Le domaine produit également une huile d'olive hautement recommandable, à partir de deux vieilles parcelles réhabilitées et plantées de quelques centaines d'oliviers. Portées à un moulin privé par lots de 250 kilogrammes, évitant ainsi toute oxydation indésirable, les olives donnent une huile à la typicité entièrement respectée. Le miel est une autre passion de Jean-Charles Gambini. Il possède quelques ruches sur le domaine, qu'il transporte jusqu'au plateau de Valensole et aux forêts de châtaigniers de Collobrières. Miel de lavande, toutes fleurs et autres maquis sont en vente au caveau.
Amateur de bonnes choses et chineur d'objets anciens, Jean-Charles Gambini a le don rare de partager le fruit de son travail avec passion et authenticité. Il serait dommage de se priver de pareille opportunité.